L'église Saint-Vincent

Publié le par VERONIQUE COULIBALY




1. HISTOIRE


L'église Saint-Vincent de Blois est l'ancienne chapelle Saint-Louis du collège royal de la ville fondé par Henri III en 1541 et que Louis XIII confie aux Jésuites en 1622. En 1623 Il est décidé de construire une nouvelle église. En 1624 le père Etienne Martellange, architecte de la Compagnie de Jésus donne les plans de la nouvelle bâtisse, dédiée à Saint-Louis, qui sont approuvés à Rome.
Les travaux commencent mais sont interrompus au niveau des fondations. Ils ne seront repris qu'en 1671 sous la direction du frère Charles Turmel qui modifie les plans de Martellange et propose des dessins pour la reconstruction du collège. Les travaux avancent lentement car les pierres sont détournées pour construire l'aile Gaston d'Orléans du château de Blois. Toutefois Gaston d'Orléans accepte en contrepartie d'apporter son soutien financier au projet. En 1654 l'église ne s'élève qu'à la hauteur de l'entablement. En 1660, grâce à l'aide de Gaston d'Orléans, à sa mort, l'église est pratiquement achevée. Lorsqu'il décéda sa fille, Louise d'Orléans de Montpensier, la Grande Mademoiselle, dédia le choeur de la chapelle à sa mémoire.
A partir de 1765, par suite de l'expulsion des Jésuites, l'église Saint-Louis fut fermée au public. En 1791 elle fut désaffectée. Saccagée en 1793, l'urne qui protégeait le coeur de Gaston d'Orléans fut brisée et le coeur du bienfaiteur jeté.  La révolution causa malheureusement bien d'autres destructions comme celles des chapelles latérales, d'un carrelage de marbre en mosaïque, de la grille du choeur ainsi que du magnifique tombeau de marbre dans lequel reposait la reine Marie Casimire de Pologne, décédée à Blois en 1716. On ne récupérera de celui-ci que deux bas-reliefs qui ornent aujourd'hui une chapelle de la cathédrale. L'église devint alors un club de Jacobins puis une écurie et un magasin à fourrages.
Elle a été rendue au culte en 1826 et devint église paroissiale sous le vocable de Saint-Vincent-de-Paul en 1847. A cette même époque, Jules Potier de la Morandière entreprend la restauration de l'édifice. En 1855 Monseigneur de Pallu du Parc dédie l'église à l'Immaculée Conception. De 1860 à 1866, restauration du choeur. De 1870 à 1877, restauration des tympans des chapelles puis reconstruction en pierre des voûtes qui étaient en lambris.

2. LES DIFFERENTES PERIODES DE LA CONSTRUCTION

XVIIe siècle

Construction par phases successives entre 1625 et 1677, dans le style classique du XVIIe siècle, avec une influence italienne marquée. La conception très sobre du décor initial a été modifiée lorsque l’église devint un monument à la gloire de la famille d’Orléans.


XIXe siècle

Les déprédations causées par la Révolution et sa désaffectation rendaient l’église impropre au service du culte. Une première restauration eut lieu en 1823, la sauvant de la ruine. Une deuxième fut instaurée par Jules de la Morandière entre 1848 et 1878 comportant notamment l’installation de vitraux historiés qui n’existaient pas dans le projet initial.


XXIe siècle

Restauration du décor intérieur du XIXe siècle et du vitrail "le vœu de Louis XIII". Les vitraux détruits par les bombardements et par une explosion récente ont été remplacés par des vitraux de style contemporain (Atelier A. Ropion, 2004)

 

3. ELEMENTS REMARQUABLES


Extérieur de l’église


Façade : superposition de trois étages, en retrait les uns des autres, flanqués de volutes ornés de vases et dominés d’un fronton triangulaire. Des pilastres des ordres classiques dorique, ionique et corinthien encadrent successivement le portail, la baie médiane encadrée des écussons de Gaston d’Orléans et de sa fille, et la rosace terminale.
Les frises des entablements intermédiaires portent des couronnes d’épines alternant avec les monogrammes SL (St Louis), G (Gaston d’Orléans) et AM (Anne-Marie de Montpensier).
Coupole : lanterne de charpente, flanquée de six contreforts et surmontée d’un lanternon couronné d’une fleur de lys.


Intérieur de l’église


Le chœur et l’abside : Chœur à travée unique, terminé par une abside à cinq pans.
- Maître-autel en tombeau en bois et stuc avec dorure, surmonté d’un retable portant la statue de l’Immaculée Conception et couronné d’un fronton représentant St Louis vénérant la Sainte Couronne d’épines.
- À gauche du maître autel : mausolée de Gaston d’Orléans (G. Imbert, 1678), orné des statues de la Foi et de l’Espérance et dominé par celle de la Charité qui tenait l’urne du cœur.
- Son pendant, placé à la droite du maître-autel, est orné des statues de l’Amour de Dieu et de la Piété et dominé par celle de la Libéralité, sous les traits d’Anne-Marie de Montpensier.
- Décor mural de rameaux de lauriers et de palmes et comportant quatre médaillons représentant les vertus cardinales (prudence, force, justice et tempérance)

 

La nef : Une nef unique flanquée de six chapelles latérales dont le mobilier date du XIXe siècle et d’une chapelle des fonts baptismaux. On remarquera notamment :
- Les trois vitraux du mur Est de la nef qui proviennent d’éléments des vitraux du XIXe siècle, après restauration. Seul le vitrail central “le vœu de Louis XIII”, bel exemple de la technique du vitrail-tableau (Claudius Lavergne, 1878), nous est parvenu à peu près intact. On y voit, de part et d’autre d’un autel, Louis XIII offrant à la Vierge les emblèmes royaux et la reine Anne d’Autriche. Ils sont accompagnés de leurs saints patrons respectifs : St Louis et Ste Anne, la mère de la Vierge Marie.
- Les trois vitraux du mur ouest de la nef constituent le pendant des vitraux du mur opposé, mais dans un style contemporain (Ateliers A. Ropion, 2004).
- La Piéta monumentale (1re chapelle ouest) surmontée de la Croix du calvaire.

 

 

 

 

 

LEGENDE 

  

 

  Chiffres dans les cercles


1

Abside : Maître autel à retable (ret) et monument de Gaston d’Orléans (ma-1)
 et d’Anne-Marie de Montpensier (ma-2)

2

Chœur : coupole et tribunes latérales, deux tables de communion en marbre (tc)

3

Nef à cinq travées, voûte à décor peint sur plâtre, chaire (ch)

4

Chapelle latérale du Sacré-Cœur, autel à retable

5

Chapelle latérale St Joseph, autel à retable et confessionnal (cf)

6

Chapelle latérale St Vincent-de-Paul, autel à retable

7

Chapelle latérale St Louis-de-Gonzague et confessionnal (cf)

8

Chapelle latérale Notre-Dame-des-sept-douleurs et confessionnal (cf)

9

Chapelle latérale de la Bonne-Mort et confessionnal (cf)

10

Tribune et orgue

11

Accueil (anciens fonds baptismaux)


Vitraux  Chiffres en rouge


06

Verrière : inclusion de médaillons provenant des anciens vitraux

08

Vitrail-tableau : le vœu de Louis XIII (C. Lavergne ; 1873)

10

Vitrail de Sainte Marie (1878 et importante restauration)

05

Verrière : inclusion de médaillons en patchwork (Atelier Ropion ;2004)

07

Vitrail non figuratif (A. Ropion ; 2004)

09

Vitrail non figuratif (D.Horbowa, de l’atelier Ropion ; 2004)

11

Verrière à décor (XIX°siècle)


Statuaire et sculptures


St-1

Statue de l’apparition de  Marie : « Je suis l’Immaculée Conception » (1855)

St-2

st Joseph

St-3

ste Marie au sacré coeur et l’enfant Jésus

St-4

st Vincent de Paul et le Bienheureux Frédéric Ozanam

St-5

st Louis de Gonzague

St-6

st Gérard Magella

St-7

st Lambrini

St-8

Marie et enfant Jésus

St-9

Ange et enfant Jésus

Sc

Piéta monumentale


Tableaux


Ta-1

La Vierge à l’enfant (P. Dupuis ; vers 1850)

Ta-2

L’Assomption de la Vierge (Jacquesson de la Chevreuse ; avant 1859)

Ta-3

Le Christ au jardin des oliviers (Pauline Malherbe ; vers 1850)

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque je me suis rendue dans cette église, j'ai été éblouie par la richesse de son décor intérieur, par le raffinement des lieux dont le nombre conséquent de chapelles appellent à la prière et au recueillement à chaque pas. Je recommande vivement cet endroit que ce soit pour un moment de paix ou/et pour le plaisir des yeux car c'est l'une des plus belles églises que je n'ai jamais visitée. De surcroît, en semaine, fait exceptionnel, c'est la seule église blésoise qui ouvre ses portes dès 6h le matin.

Une nouvelle fois je remercie vivement le Diocèse de Blois pour son aide précieuse fournie via son site internet.


Les clichés actuels de l'église Saint-Vincent sont de

Véronique Coulibaly

 


Publié dans LIEUX DE CULTE

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