BLOIS, AUTREMENT : Episode 21

Publié le par VERONIQUE COULIBALY



La photographie permet de voir le monde à travers le regard d’un autre. L’observer, l’admirer ou le rejeter. Partager des milliards d’instantanés avec des individus vivant aux quatre coins de la planète. Saisir l’éphémère et l’immortaliser, s’offrir l’illusion de pouvoir arrêter la mort. Par cet extraordinaire outil de communication, fixer des tranches de vies uniques puis tenter de les transmettre à la multitude afin de prolonger la précarité des êtres et des choses. Une chimère bienfaisante dans l’absurdité de l’existence. Victime de la fuite effrénée du temps, assujetti au vieillissement puis à une disparition inévitable, cet univers et tout ce qui le peuple peut ainsi graver sa mémoire, ses moments les plus glorieux comme les plus banals sur des clichés qui combleront ses désirs d’éternité.

Dans le chaos d’un mouvement non maîtrisé, sauvegarder la jeunesse d’un visage, la pureté d’un paysage, la colère d’une révolution, la violence d’une nature déchainée, le sentiment merveilleux ou effroyable d’une époque singulière. Exprimer sa vision de l’essentiel ou de l’exceptionnel et inviter à l’échange. Ne pas attendre une reconnaissance forcée mais une critique justifiée. Nos battements de cœur peuvent se traduire en un noir et blanc minimaliste ou selon le spectre de l’arc-en-ciel, le primordial étant de ne pas tricher. Le naturel, la capture sur le vif étant plus révélateurs que des scénarios établis à l’avance, délaisser la pose trop artificielle ainsi que les programmes de retouches qui trahissent l’original. Reproduire la réalité telle qu’elle est, dans sa splendeur comme dans sa face la plus obscure. Traduire au plus juste les émotions qui nous ont transcendés et s’imaginer que notre geste va permettre de perpétuer une aventure humaine.

Le crépuscule est l’exemple même de ce présent qui nous échappe, impalpable, inexorablement condamné, le reflet éternel d’une fin sublime au sein d’une tragédie insensée. Le graver c’est suspendre le pathétique pour ne retenir que l’authentique. Lorsque maintenant appartient déjà au passé et ne s’identifie que dans le futur.


 

Clichés Véronique Coulibaly

Publié dans BLOIS - AUTREMENT

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MATIE 02/09/2009 18:27

Vous ecrivez super bien et en plus vous faites des super beaux clichés.Vous faites un travail de professionnel. Dites vous avez un editeur?.

MATIE 02/09/2009 18:27

Vous ecrivez super bien et en plus vous faites des super beaux clichés.Vous faites un travail de professionnel. Dites vous avez un editeur?.