Bravo et bienvenue !

Publié le par VERONIQUE COULIBALY

 

 

 

La Préfecture - Cliché Véronique Coulibaly


Vendredi 16 octobre 2009, en fin d’après-midi, je me trouvais dans l’enceinte de la Préfecture de Blois afin d’assister à la cérémonie organisée pour la remise des décrets de naturalisation. Mon époux étant concerné par l’évènement, je l’accompagnais. Ponctuels, nous nous sommes retrouvés à patienter dans une longue file d’attente, n’étant point les seuls convoqués.

C’est tout d’abord dans un élégant hall d’entrée aux teintes fondues dans les tons gris et roses que nous avons été reçus pour identification. Autour de nous la foule était dense. Visiblement nombreux seraient ceux qui, ce soir, seraient officiellement Français. Trois ou quatre employées de la Préfecture étaient en charge des vérifications primaires. Ensuite nous étions invités à passer dans un petit salon parqueté dont les murs étaient, cette fois, déclinés dans les crèmes, ornés de moulures dorées, d’un immense miroir, d’appliques à pampilles de cristal coordonnées aux grands lustres du même style, aux fenêtres parées de lourdes tentures. Le salon bourgeois, baroque épuré, typique du XIX° siècle.

Après une longue pause justifiée par l’ampleur de la réception, Monsieur Philippe Galli, Préfet du Loir-et-Cher, accompagné de Monsieur Michel Blanc, Président du Tribunal de Grande Instance de Blois et d’officiels dont Monsieur Marc Gricourt, Maire de Blois, a fait son apparition puis s’est adressé à ses invités en offrant sa définition personnelle du privilège d’être Français. Puis, par le biais d’un documentaire télévisé, les droits et les devoirs du Français ont été rappelés aux 82 personnes conviées pour recevoir leur décret de naturalisation.

Cette remise, fort conviviale, a ensuite été effectuée par Monsieur le Préfet et tous les officiels présents. L’ambiance, détenue et chaleureuse, permettait l’usage de quelques pointes d’humour. Le moment fut fort agréable car Monsieur Galli était parfait dans son rôle de maître de maison accueillant généreusement les nouveaux citoyens français.

Au terme de la distribution à chacun de son dossier, un verre de l’amitié agrémenté de friandises fut offert à l’ensemble des personnes présentes. Ce fut l’occasion pour ceux qui le souhaitaient d’échanger quelques paroles avec Monsieur Gricourt, toujours très disponible en pareille circonstance, attentionné et sincèrement réjoui de côtoyer ses administrés. Monsieur Galli, constamment irréprochable, par ailleurs nanti d’un esprit à l’ironie subtile, en profita pour s’entretenir en particulier avec certains de ses hôtes.

Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Bravo et bienvenue, aurait-on pu ajouter.

Observatrice étrangère au protocole, j’admirais les tableaux qui se déroulaient sous mes yeux. En effet j’éprouvais l’impression d’assister à un spectacle car d’un côté se tenaient les acteurs, à savoir tous les officiels, exemplaires dans leur tâche, et d’un autre, l’assistance, trop souvent décalée par rapport à l’actualité. Perdue dans la file d’attente j’avais déjà relevée la fausse note qui altérerait, à mes yeux, la symbolique du cérémonial : les autorités s’étaient investies pour organiser une réception simple mais cordiale voire enthousiaste afin de transmettre le message le plus généreux que la République Française puisse attribuer à des émigrés souhaitant la naturalisation c’est-à-dire son accord ; mais une partie non négligeable de l’auditoire faisait preuve, à mon humble avis, d’un irrespect total face à ce privilège octroyé. Ainsi, dans les locaux même d’un bâtiment public, emblème de la République, au moment précis où ces gens vont être légalement déclarés Français, ils s’expriment sans aucune gêne dans leur langue d’origine.

Certes devenir Français ce n’est point oublié ses origines, son histoire et sa culture mais la moindre des considérations était de ne le pas le faire ici et maintenant. Cela se nomme le respect. Le respect pour un pays qui donne, pour son représentant qui nous reçoit, pour une cérémonie qui doit conserver un sens sincère et profond.

 

 

Cliché : Préfecture du Loir-et-Cher

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albert 12/01/2010 09:39


sexy :)