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HISTOIRE

Dimanche 26 juillet 7 26 /07 /Juil 06:46
LOUIS XII
1462-1515 Né à Blois - Roi de France 1498-1515

ANTOINE DE BOESSET
1587-1643 Né à Blois - Surintendant de la Musique de Louis XIII

HENRI Ier DUC DE GUISE
Assassiné au château de Blois

GASTON D'ORLEANS
Oncle de Louis XIV - Agrandit le château et y décède

DENIS PAPIN
1647-1712 Savant né à Blois

ABBE GREGOIRE
Evêque de Blois durant la Révolution

AUGUSTIN THIERRY
1795-1856 Historien né à Blois

JEAN EUGENE ROBERT HOUDIN
1805-1871 Magicien né à Blois

VICTOR AUGUSTE POULAIN
1825-1918 Chocolatier à Blois

RENE GUENON
1886-1951 Métaphysicien né à Blois

PHILIPPE ARIES
1914-1984 Journaliste et écrivain né à Blois

PIERRE SUDREAU
Né en 1919 - Résistant - Ministre de De Gaulle - Maire de Blois (1971-1989)

JACK LANG
Né en 1939 - Maire de Blois de 1989 à 2000

CLAUDINE DOURY
Née en 1959 - Photographe née à Blois

JEAN-LOUIS AGOBET
Compositeur né à Blois le 21.04.1968 - Victoire de la Musique classique 2006

Par VERONIQUE COULIBALY
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Mardi 14 juillet 2 14 /07 /Juil 15:46
Madame Françoise BEAUGER-CORNU, enseignante détachée auprès du service éducatif du château de Blois et professeur d'histoire-géographie, en collaboration avec Madame Cécile de COLLASSON, animatrice du patrimoine de la ville de Blois a réalisé un document fort intéressant sur la révolution industrielle à Blois ainsi que ses incidences sur le paysage urbain. Ce dossier est mis en ligne sur le site du château de Blois dans la section réservée aux documents pédagogiques  sous l'intitulé "La ville au temps de la révolution industrielle".

Je me suis permise d'en retransmettre ici les éléments majeurs puis de l'agrémenter de clichés personnels reflétant l'aspect actuel du quartier de la Villette où était située la Chocolaterie Poulain.














En 1991, l'entreprise Poulain déménage dans une usine ultra-moderne dessinée par Jean Nouvel à Villebarou. La ville achète d'abord la friche pour en faire le coeur d'une vaste ZAC en partenariat avec la Chambre de Commerce.
En  1995, la chaufferie et a haute cheminée ont été détruites pour construire l'Ecole des Ingénieurs du Val de Loire. La rue est réouverte à la circulation provoquant la démolition de deux bâtiments de la première usine.
La SEMADEB possède une partie des bâtiments depuis 1993 et a géré la construction d'un ensemble de logements.
Depuis 2007 l'Ecole Nationale de la Nature et du Paysage s'est installée dans les bâtiments restaurés d'une partie de l'usine.






























Les clichés actuels du quartier de la Villette sont de
Véronique Coulibaly


Par VERONIQUE COULIBALY
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Mercredi 8 juillet 3 08 /07 /Juil 06:31


La Maison des Acrobates - Place St Louis

Les grands travaux d'urbanisme menés depuis le début des années 60 ont permis d'éclairer des origines lointaines de la ville demeurées obscures. En effet elles permirent de révéler des vestiges prouvant la présence d'un habitat datant de la fin de l'indépendance gauloise ainsi que ceux d'un centre urbain qui aurait existé à l'époque gallo-romaine. Selon toute vraisemblance, la ville était alors située sur la voie reliant Chartres à Bourges. Les fouilles archéologiques, notamment celles menées de 1991 à 1999, sur le promontoire du château mais également dans la ville basse, atteste qu'une petite agglomération s'était établie sur la rive droite de la Loire, créant le premier franchissement du fleuve.
Dotée de fortifications et d'un atelier monétaire, c'est ensuite le chef-lieu d'une modeste circonscription à l'ère mérovingienne. Il est fait mention de Blois pour la première fois lorsqu'elle est conquise par le chef breton Iuomadus qui en expulse le "consul" Odo, très certainement d'origine germanique. Iuomadus y fonde un état autonome ou semi-autonome qui se maintiendra jusqu'à la prise de la cité par Clovis en 491.

Blois en 1575
En 584, dans son Historia Francorum, Grégoire de Tours mentionne furtivement l'existence de Blois.
La ville prend son essor à l'époque carolingienne en devenant la capitale d'un comté étendu au Blaisois et au Dunois puis, un certain temps, un vaste sous-ensemble des possessions des comtes de Blois-Champagne. Elle acquiert ainsi ses fonctions de centre administratif, ville-étape, marché à la confluence de 4 régions naturelles (Val de Loire, Touraine, Beauce et Sologne) et centre religieux.
En 851, Blois est pillée par le chef viking Hasting ; elle le sera à nouveau plus tard, par deux fois en 854 puis vers 856-857.
Pourtant une forteresse s'élevait déjà puisque des écrits rapportent la présence d'un château dès 834. Les moines de l'abbaye de Corbion, dans le Perche, se réfugièrent en 873 à la chapelle Saint-Calais du château et y abritèrent les reliques de Saint Laumer. qui, depuis, n'ont plus quitté la ville. Le pays appartenait alors à la puissante famille des comtes de Paris qui, plus tard, accédèrent au trône de France avec Hugues Capet. Cependant la région ne fut pas annexé au domaine royal en 987 car, dès 924, il était détenu par le célèbre comte Thibaut le Tricheur. En cette même année fut rédigée la plus ancienne charte relative à Blois dont il demeure toujours des traces écrites : celle par laquelle le roi Raoul concéda aux moines de Saint-Laumer l'église de Saint-Lubin et le faubourg du Foix.
Depuis le début du Haut Moyen-Age, cette bourgade est relativement étendue de part et d'autre de la Loire en se concentrant principalement dans le quartier Saint-Lubin, l'abbaye de Saint-Lomer (actuelle église paroissiale Saint-Nicolas), l'abbaye de Bourgmoyen, l'église Saint-Solenne sur le plateau ainsi que le site du château. Si les édifices religieux ou les bâtiments à valeur symbolique élevée sont construits en pierre, la plupart des constructions sont en torchis ou en pisé (briques crues). Des fouilles effectuées à proximité de Saint-Lomer ont par ailleurs attesté de la présence d'artisans en révélant un atelier de forgeron.
Par ailleurs, à partir du VIII° siècle le site accueille un domaine agricole qui est fortifié dès le IX° siècle. Au X° siècle une nouvelle enceinte est édifiée sur les ordres de Thibaut le Tricheur qui fait réalisé une assise imposante en calcaire maçonné munie d'un parement en petit appareil sur sa partie supérieure. Un donjon et vraisemblablement une motte destinée à le surélever sont entourés d'un fossé.
Avec les comtes de Champagne, successeurs de Thibaut le Tricheur, Blois devint le chef-lieu d'un comté et entra dans le régime féodal.
A la fin du XI° siècle, le comte Etienne et son épouse, Adèle de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, font édifier autour de la ville une enceinte distincte de celle du château. Près du logis comtal est édifiée une chapelle dédiée à Saint-Calais.
En 1171, Blois fut une des premières villes d'Europe à accuser ses juifs de crimes rituels à la suite de la disparition inexpliquée d'un enfant chrétien. Trente à trente-cinq juifs sur une communauté d'environ 130 personnes furent brûlés vifs le 26 Mai 1171 près des fourches patibulaires.
Au XII° siècle, un autre établissement régulier, la collégiale de Saint-Sauveur, est élevé dans l'avant-cour. Elle demeura jusqu'en 1793, date de sa démolition, l'église paroissiale du château. En contrebas, les grandes abbayes à leur apogée sont reconstruites. La première campagne d'édification de Saint-Lomer, de 1138 à 1186, qui concerne le chevet, le transept et la première travée de la nef, intervient à une époque charnière de l'évolution de l'architecture religieuse qui s'achemine progressivement vers le gothique. Si beaucoup d'éléments de structure et de décor demeurent d'esprit roman, la nef et la façade, achevées à l'issue d'une seconde campagne dans le premier tiers du XIII° siècle, renvoient directement au modèle chartrain.
Aux grandes abbayes bénédictines s'ajoutent, à la fin du XIII° siècle, les fondations mendiantes avec l'installation des Franciscains ou Cordeliers au nord de la ville ainsi que des Dominicains ou Jacobins au sud.
Le développement du commerce et de l'agglomération urbaine, entraîne en 1196 l'octroi par le comte Louis d'une charte de libertés communales. Ces quelques privilèges accordés aux habitants de la ville sont notamment l'affranchissement des serfs et la conversion en un droit fixe de cinq sols par maison, dit droit de festage, de la taille arbitraire que ses prédécesseurs avaient jusque-là perçue. On suppose également que ce même comte constitua la commune de Blois, autorisant les bourgeois à élire chaque année douze d'entre eux pour administrer les biens de la ville.
Ces douze conseillers ainsi que l'dministration de quatre élus ou échevins subsistent pendant tout le Moyen-Age.
En 1230 le comté de Blois entra dans la maison de Châtillon par le mariage de Hugues de Châtillon avec Marie, fille de Gautier d'Avesnes et petite-fille par sa mère de Thibaut le Bon. Les comtes de cette dynastie résidèrent plus volontiers à Blois que les précédents. Ils firent reconstruire le château dont les parties les plus anciennes, aujourd'hui survivantes, datent du XIII° siècle. Ils battirent également monnaie dans cette ville jusqu'en 1328, époque où Philippe VI acquit leur droit de monnayage. Le comte Jean de Châtillon est à l'origine de la fondation d'importantes abbayes à Blois et dans ses environs immédiats.
A la même époque fut entrepris la reconstruction des remparts de la ville. Les fortifications plusieurs fois reprises marquent définitivement les limites urbaines et distinguent le centre des faubourgs. A l'intérieur des murs, le tracé des rues n'évoluera plus guère avant le XIX° siècle. La grand rue, actuelle rue du Commerce en constitue l'axe principal qui mène au pont médiéval mentionné dès 1089 et seul franchissement de la Loire.
Au XII° siècle, les fortifications du château sont entièrement corrigées. Trois tours de cette enceinte subsistent à l'intérieur de l'aile François Ier ainsi que la courtine qui les relie. Une quatrième, dite tour du Foix, est préservée dans la partie sud de l'enceinte. Enfin, une partie des murs et une tour sont conservés à l'arrière de la Maison de la Magie.


Vestiges des remparts de la ville - Rue Alfred Halou


La grande salle de justice, désormais dénommée salle des Etats, longue de 30 mètres et large de 18, est un témoin exceptionnellement bien conservé du château comtal du XIII° siècle. Ses dimensions imposantes attestent la puissance des comtes de Blois qui y recevaient l'hommage de leurs vassaux et y rendaient la justice.
La guerre de Cent ans fit connaître de tristes jours à la région blésoise. Pendant que l'armée de Jean le Bon s'avançait sur la rive droite de la Loire, les Anglais, sous la conduite du prince de Galles, dévastaeint l'autre rive (1356) et atteignaient le faubourg de Vienne. Après la défaite des Français, les troupes anglaises demeurèrent longtemps en garnison à Blois et dans les environs où elles exercèrent de grands ravages.
En 1392, ruiné les guerres, le comte Guy de Chatillon, ayant perdu de surcroît son unique fils l'année précédente, décida de vendre son comté au duc Louis I° d'Orléans, frère du roi Charles VI. La vente eut lieu au prix de 200 000 francs d'or. Le nouveau comte épousa Valentine, fille de Gian-Galeazzo Visconti, duc de Milan. Il fait entreprendre d'importants travaux tant au château que dans la ville ; toutefois, en dépit d'un marché fort avantageux et tellement désiré, il n'habita guère voire jamais à Blois étant tellement accaparé par sa lutte avec le duc de Bourgogne. Après son assassinat en 1407, sa veuve vint cacher sa douleur à Blois où fit recouvrir les murailles du château de tentures noires sur lesquelles se lisait la célèbre devise : "Riens ne m'est plus, plus ne m'est rien". Elle mourut dans cette ville l'année suivante.
En 1429 l'invasion anglaise vint à nouveau créer la désolation sur les rives de la Loire. Blois fut épargnée mais devint le quartier général des troupes françaises qui allaient marcher à la délivrance d'Orléans. Jeanne d'Arc y arriva au mois d'Avril et, en l'église Saint-Sauveur, fit bénir son étendard par l'archevêque de reims, Renaud de Chartres. Elle en partit le 28 Avril 1429.
Blois connut ensuite des jours heureux. En 1440, Charles d'Orléans, fils de Louis I° et de Valentine, vint y fixer sa résidence le 05 Novembre 1440 après une captivité de 25 ans en Angleterre et contre le paiement de 220 000 écus issus partiellement de la dot de sa nouvelle épouse, Marie de Clèves, âgée de 14 ans, nièce du duc de Bourgogne, Philippe le Bon et petite-fille du meurtrier de son père, Jean sans Peur. Auteur d'une oeuvre littéraire considérable, inhumé en l'église du Saint-Sauveur à Blois, Charles d'Orléans a vraisemblablement écrit plusieurs de ses rondeaux au château de Blois, s'entourant d'une cour, haut-lieu de culture brillante. En ce même endroit naquit le 27 Juin 1462, alors qu'il est âgé de 68 ans, son fils Louis qui accéda au trône de France sous le nom de Louis XII en Avril 1498 suite à la mort accidentelle de Charles VIII, décédé sans enfant survivant.


Blois au XV° siècle

Ce fut là, pour Blois, un autre événement favorable car Louis XII, tant qu'il fut duc d'Orléans puis quand il devint roi de France, témoigna souvent de la sollicitude pour sa ville natale.
Il fixe sa résidence principale à blois et Anne de Bretagne, qu'il épouse en 1499, s'y installe avec lui. Leurs armoiries et emblèmes respectifs, le porc-épic et l'hermine, se multiplient dans le décor du château. Ce dernier est rénové et modernisé en conséquence. Trois nouvelles ailes sont construites à l'emplacement de la forteresse médiévale. Il n'en subsiste aujourd'hui que le logis de l'entrée connu sous le nom d'aile Louis XII et une partie de l'aile en retour (galerie et chapelle Saint-Sauveur).
Le statut de capitale du royaume sous Louis XII, la présence de la cour et de l'administration royale qu'il faut nourrir et loger, entraînent de profondes modifications de la physionomie urbaine de Blois. Derrière les remparts, le tracé des rues et même le parcellaire évoluent peu mais le modèle royal mis en oeuvre dans la construction urbaine renouvelle complètement le décor des maisons et surtout des hôtels particuliers qui font leur apparition. Les rues du quartier du Puits Châtel conservent de nombreux hôtels (Sardini, Vareilles, Jassaud...) qui témoignent de l'introduction des modèles de la Renaissance, traces que l'on lit également sur les façades des maisons (maisons à pans de bois de la rue du Commerce). L'hôtel d'Alluye construit pour Florimond Robertet, le trésorier du roi, en est un exemple particulièrement précoce avec ses galeries ornées de médaillons à l'antique.
Les premiers édifices publics sont élevés : poissonnerie, boucherie, maison de ville ainsi qu'un réseau d'adduction d'eau moderne qui alimente les fontaines, dont certaines sont encore en place (fontaines Louis XII, Saint-Jacques...).

La Fontaine Louis XII

Anne de Bretagne mourut au château de Blois le 09 Janvier 1514. Devenu veuf, Louis XII se remarie avec Marie d'Angleterre, la très jeune soeur du roi Henri VIII afin de sceller la réconciliation entre les deux pays. Malheureusement il meurt quelques mois plus tard, le 01 Janvier 1515 et le trône de France revient à son cousin et gendre, François Ier, époux de sa fille aînée, Claude de France.
Cette succession n'a pas pour effet de mettre fin aux faveurs dont bénéficia Blois durant le règne de Louis XII car sous les Valois Blois demeure le séjour presque constant voire officiel de la cour. Il affirme le caractère moderne de son jeune règne tourné vers l'Italie par la mise en chantier de l'aile du château occupée par le logie royal (aile nord).
Tout au long du XVI° siècle, le roi et la cour font de fréquents séjours au château de Blois que ce soit Henri II, François II ou Catherine de Médicis sous sa régence.
Par ailleurs, on sait que les habitants de la vallée de la Loire furent de ceux qui accueillirent la Réforme avec le plus d'empressement. Dès 1530, Blois comptait des luthériens dont le nombre allait sans cesse croissant. Vers 1556 un temple protestant y fut fondé par l'apôtre le plus fervent des nouvelles doctrines, Simon Brossier. Les guerres de religion ne tardèrent pas à suivre et vinrent encore désoler le pays. A deux reprises, en 1562 et en 1567, Blois fut pillée par les troupes du prince de Condé et celles des Guise qui se disputaient sa possession. Le 04 Juillet 1562, la ville est prise et pillée par les catholiques du maréchal de Saint-André et les femmes sont violées. Le 07 Février 1568, les protestants du capitaine Boucard pillent et incendient la ville, violant et tuant les catholiques. Des cordeliers sont jetés dans le puits de leur couvent. Les églises sont ruinées.
Moins de dix après après, cependant, ces désastres durent être réparés car la ville fut choisie pour lieu de réunion des Etats Généraux de 1576 puis à nouveau pour ceux, tristement célèbres de 1588. En effet, alors que le royaume est déchiré entre catholiques et protestants, la mort du duc d'Anjou, frère d'Henri III, le 10 Juin 1584, provoque une grave crise dynastique car Henri III n'a pas d'enfant. Craignant l'éventuelle accession au trône d'Henri de Navarre, héritier présumé de la couronne et chef du parti protestant, la Ligue catholique emmenée par Henri, duc de Guise, se réorganise. Chassé de Paris par les émeutes de la "Journée des Barricades", le 12 Mai 1588, le roi se réfugie à Blois. Convaincu que le duc allait le déposséder de son pouvoir, Henri III le fait exécuter ainsi que son frère, le cardinal de Guise, respectivement les 23 et 24 Décembre 1588. Le 05 Janvier 1589 il est au chevet de sa mère, Catherine de Médicis, qui décède au château de Blois.
Le séjour de la cour transforme Blois en "cité des rois" et les proches du souverain y font construire des hôtels à l'image du logis royal. L'artisanat de luxe se développe, notamment l'horlogerie.
Mort assassiné le 01 Août 1589 par le moine Jacques Clément, Henri III meurt sans descendance. C'est la fin du règne des Valois et l'avènement des  Bourbons. Henri de Navarre accède au trône sous le nom d'Henri IV. Il fait de fréquents mais courts séjours à Blois ce qui permet le maintien du château en état de résidence royale mais dès lors la ville perdit toute importance politique et Henri IV transféra à Fontainebleau la riche bibliothèque blésoise.
On relève qu'en 1616 Louis XIII, fils d'Henri IV, et Anne d'Autriche y séjournent. Qu'entre 1617 et 1619 Marie de Médicis, mère du roi, y est assignée à résidence par son fils avant de s'en évader de façon assez pittoresque dans la nuit du 20 Février 1619.
En 1626, à l'occasion de son mariage avec mademoiselle de Montpensier, Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, reçoit le duché d'Orléans et le comté de Blois. A partir de 1634 il décide de résider à Blois et d'y faire édifier un château entièrement neuf. Il en confie la conception à François Mansart qui entame une première tranche de travaux destinée à élever un corps de logis en fond de cour. Le séjour de Gaston d'Orléans jusqu'à sa mort en 1660 fut un bienfait pour les Blésois qui n'eurent qu'à se louer de son administration. Il réanime une vie de cour brillante, ouverte aux questions scientifiques (jardin botanique, collections), aux retombées profitables. Les bienfaits du prince accompagnent les oeuvres de la réforme catholique, matérialisées par une fièvre de construction : collège des jésuites, nouveaux couvents grâce à l'installation de six nouveaux ordres religieux en quarante ans. Minimes, Jésuites, Capucins, Ursulines, Visitandines et Carmélites s'installent en périphérie, ceinturant la ville de nouvelles constructions et de vastes jardins. La plupart ont disparu, exceptés le couvent des Visitandines au nord de la ville qui abrite aujourd'hui le Conseil Général et surtout la chapelle Saint-Louis du collège des Jésuites, actuellement église paroissiale Saint-Vincent. Ce magnifique témoin de l'architecture de la Contre Réforme a été construit sur les plans de Martellange puis du frère Turmel qui prend sa suite.
Les travaux sont activement menés jusqu'en 1638 mais la naissance de Louis XIV, qui prive Gaston de son statut d'héritier présomptif, entraîne l'abandon des travaux. L'absence de raccordement entre les bâtiments et l'inachèvement des décors sculptés témoignent de cette brutale interruption.
L'aile étant inhabitable, Gaston d'Orléans occupe les appartements de l'aile François Ier où il meurt le 02 Février 1660, léguant à Louis XIV ses importantes collections d'histoire naturelle, d'antiques et de médailles.
La révocation de l'Edit de Nantes en 1685, en dépouillant et exilant les nombreuses familles de religionnaires (parmi lesquelles celle de Denis Papin) dont beaucoup appartenaient à la bourgeoisie, porta un coup terrible à la prospérité du pays.
En 1697, Louis XIV décide, fait rare à l'époque, la fondation d'un diocèse à Blois, aux dépends de celui de Chartres. L'ancienne église Saint-Solenne est choisie pour devenir cathédrale, sous le vocable de Saint-Louis et le premier évêque Monseigneur de Berthier fait bâtir entre 1700 et 1703 un évêché accompagné de somptueux jardins accrochés au coteau, apparaissant dans le paysage blésois comme un contrepoint au château. Cette grande construction classique nécessite la destruction des remparts et marque ainsi le signal de l'ouverture de la ville. L'effondrement du pont médiéval en 1716 emporté par une débâcle de la Loire impose la construction d'un pont moderne et résistant aux furies du fleuve. Cette reconstrution, confiée à Jacques V Gabriel, dure de 1717 à 1724, est le dernier pont en dos d'âne érigé sur la Loire et entraîne la disparition des remparts sud ainsi que l'aménagement des quais. Elle va orienter l'évolution urbaine en la dotant d'un axe à partir duquel s'organiseront non seulement les quais mais également la route nord-sud et les grands travaux du XIX° siècle.
Abandonné par les rois de France, le château est transformé en caserne en 1788. La fonction de centre administratif est confirmée par la création du département de Loir-et-Cher en 1790, dont Blois est le chef-lieu. La vente des biens nationaux entraîne une nouvelle donne foncière qui permet l'aération de la ville basse en ouvrant de nouvelles artères ou espaces publics sur l'emprise des anciens clos conventuels ou d'églises démolies.
La Révolution, acceptée avec enthousiasme et sans effusion de sang, grâce au célèbre Abbé Grégoire, évêque constitutionnel du diocèse pendant les années 1791-1793, fait disparaître la statue équestre de Louis XII ainsi que la quasi totalité des armoiries, chiffres et emblèmes royaux. Le château devient, par décret du 10 Août 1810, propriété de la ville de Blois. L'armée y établit alors dortoirs et casernements, non seulement dans l'aile Louis XII dont elle supprime les cheminées mais aussi dans la chapelle et l'aile Gaston d'Orléans.
La construction de la préfecture sur le plateau, en 1830, fait sortir la ville de son enceinte médiévale. Un centre administratif naît, en relation avec l'ambition de modernité d'un chef-lieu : Préfecture, Palais de Justice, Halle aux Grains. La création de ces monuments publics correspond au lendemain de la Révolution à la nouvelle réalité politique et administrative du pays et les bâtiments ont un rôle symbolique à jouer. Cette tendance se confirme avec l'arrivée du chemin de fer en 1846 qui met fin au rôle multiséculaire de la Loire comme principale voie de communication puis avec la politique urbaine volontariste d'Eugène Riffault, maire de 1850 à 1871 : création des boulevards de l'Est (Bld Eugène Riffault) et de l'Ouest (Bld Daniel Dupuis) et d'une grande artère centrale, la rue du Prince Impérial (Rue Denis Papin). Le voisinage du coteau oblige cependant la municipalité à choisir une solution traditionnelle pour relier ville haute et basse avec la création d'un grand escalier dont le rôle est avant tout d'offrir une vaste perspective sur la Loire.


Vue de Blois en ballon vers 1840

La construction de l'actuelle gare en 1893 attire l'activité sur les hauteurs, au nord-ouest de la ville. La mutation urbaine s'accompagne de l'entrée de Blois dans l'ère insdustrielle, jusqu'alors conditionnée par le commerce de la vigne, et qui s'oriente désormais vers de nouvelles activités comme celle de la chaussure florissante  jusque dans les années 1960 mais surtout via la chocolaterie Poulain qui s'installe en 1848 à proximité de la gare au sein de l'usine de la Villette dont Auguste Poulain mécanise rapidement la production. Il participe ainsi à l'émergence de la première zone industrielle de Blois. L'ancien cimetière qui est repoussé de l'autre côté des rails en 1857 libère un vaste espace. Suivront dans le même quartier l'usine de chaussure Rousset et l'usine à gaz puis la minoterie "Les Grands Moulins" avant que les pouvoirs publics ne prennent en main l'aménagement du quartier  : après l'ouverture de l'avenue de l'Embarcadère c'est le lotissement de la Banque qui débute en 1876.

Salle des Etats Généraux avant les travaux de Félix Duban

Mais les écrivains romantiques Balzac et Victor Hugo s'indignent des dégradations et des mutilations subies par le château. Ce dernier est classé Monument Historique dès 1840. A l'initiative de Prosper Mérimée, la restauration intérieure et extérieure de l'aile François Ier est confiée à Félix Duban à partir de 1844. Secondé par Jules de la Morandière, Duban s'appuie sur des estampages de décors anciens, des relevés d'exemples  de style comparable pour restituer le décor original.
Après la guerre de 1870, Blois retombe dans l'engourdissement. Chef-lieu d'un département essentiellement rural, elle voit naître la coopération agricole.
La guerre de 1914-1918, comme ailleurs, a laissé des traces et a semé l'amitié franco-américaine. L'entre deux guerres amorce un timide réveil, sous les municipalités de Maurice Olivier de 1925 à 1940 : nouveau quartier de logements sociaux à Cabochon, amorce d'une migration industrielle de la région parisienne à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Avant le conflit de 1939-1945, Blois qui compte 25 000 habitants évolue peu.
Les bombardements  aériens en 1940 et 1944 sont particulièrement sévères pour la ville basse qui est incendiée mais épargnent fort heureusement l'habitat ancien sur les pentes du coteau et le château. Le plan de reconstruction mis à exécution dans les années 50 modifient en profondeur l'image de la ville. L'architecte Nicod a su toutefois garder les proportions harmonieuses des villes du Val de Loire par l'emploi de la brique rouge et de l'ardoise ; il dessine un nouveau réseau de rues, dégageant des vues sur le château, la cathédrale et la Loire.
Au lendemain de la guerre, le mouvement d'expansion urbaine qui caractérise la France des années 50-60 est d'autant plus ample à Blois que la décentralisation industrielle permet l'arrivée d'une cinquantaine d'industries nouvelles. On construit sur le plateau un grand ensemble de tours, barres et places fermées tandis que des zones plus résidentielles se bâtissent autour de la ville. Ces zones nouvelles qui accueillent aujourd'hui plus d'un tiers des 50 000 habitants de la ville font actuellement l'objet de procédures de requalification. Dans le centre ancien, un Secteur Sauvegardé, délimité en 1970, permet de préserver et mettre en valeur l'héritage des siècles précédents.
La ville conserve par ailleurs quelques heureuses créations du XX° siècle avec en particulier la basilique de la Trinité, vaste vaisseau de béton qui témoigne du renouveau des arts décoratifs des années 30 en réunissant architecte, sculpteurs, verriers... autour d'un projet d'une grande cohérence. Les verriers de la Trinité seront suivis de beaucoup d'autres puisque Blois se révèle être, à la faveur des commandes et des événements historiques, une ville d'expérimentation en matière de vitrail, depuis les restaurations d'après guerre à la chapelle Saint-Calais jusqu'à la création contemporaine de Jan Dibbets pour la cathédrale.
La ville a connu une importante expansion démographique à partir des années 1960. L'exode rural, l'accueil de rapatriés d'Afrique du Nord, l'implantation d'usines décentralisées de la région parisienne ont entraîné le développement urbain sur le plateau beauceron, avec la création d'une "zone à urbaniser en priorité" (ZUP) en 1959. Les municipalités de René Calenge, Marcel Buhler, Louis Pétré et Pierre Sudreau ont accompagné cette évolution des équipements collectifs nécessaires.  Aujourd'hui la ZUP fait l'objet d'un grand projet de rénovation urbaine. De nombreux logements HLM ont été détruits et de nouveaux logements sont en cours de construction. Cette ZUP est sous vidéo-surveillance depuis 2003, huit caméras surveillant les zones considérées comme étant les plus sensibles. La sécurité par vidéo-surveillance est par ailleurs bien présente à Blois, notamment dans les transports en commun et les centres commerciaux.
Parmi les autres grands chantiers de la ville de Blois, on peut noter la réalisation de la rocade au niveau de deux carrefours autrefois congestionnés (carrefour de Verdun) et le projet du centre ville consistant en la mise en zone piétonnière et le pavage de certaines rues. Ces deux projets ont été achevés en 2007.
Aujourd'hui, centre géographique de la Région Centre, ville centre d'une communauté d'agglomération (Agglopolys), forte d'une riche histoire, Blois s'efforce de relever les défis humains, technologiques et économiques d'une ville moyenne, dans le cadre de ka décentralisation et des expériences que celle-ci permet.



Quartier Croix-Chevalier en reconstruction


Par VERONIQUE COULIBALY
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Mardi 7 juillet 2 07 /07 /Juil 19:34


Ville située sur la Loire, à mi-chemin entre Orléans et Tours, Blois s'étend sur les deux rives du fleuve, délimitant et unissant la petite Beauce et la Sologne.

Cité de 51 832 âmes, au coeur d'une agglomération de plus de 92 000 habitants, Blois profite largement de la douceur du climat de Loire, s'insérant harmonieusement au sein d'un territoire naturel composé de vastes forêts environnantes. 
Sise à seulement 1h30 de la capitale, Blois conjugue parfaitement passé et avenir en offrant un riche patrimoine tout en affichant un réel dynamisme résolument tourné vers demain. Le château dominant majestueusement la ville a naguère attiré princes et artistes ; aujourd'hui ce sont les touristes qui lui réservent leurs faveurs tandis que la commune multplie les efforts pour devenir de plus en plus attractive en son pôle économique.

S'étendant sur des altitudes variant de 63 mètres à 135 mètres, le territoire de Blois couvre une superficie de 37.46 km² soit une densité de 1294 habitants par km².

Du point de vue de l'étymologie, les origines du nom "Blois" demeurent assez obscures mais Bruno Guignard dans son excellent ouvrage consacré à Blois révèle que les premières mentions de cette appellation remontent à l'époque mérovingienne. En effet, en 584, Grégoire de Tours citent des "Blesenses" sans toutefois préciser la ville de référence. Au VII° siècle ce sont des monnaies qui portent le détail "Bleso castro". Une charte datée de 903 situe une terre "in Blesis castro". Dans la continuité les textes médiévaux utilisent le même radical qu'il s'agisse du château, "castello blesensi" ou des comtes de Blois, "Blesis comes". Finalement, au XIX° siècle, Louis de la Saussaye se référant au loup qui est l'un des deux animaux à supporter la fleur de lys, emblème de Blois, sur le blason de la ville, affirme que se trouve là l'origine du nom de Blois. Effectivement au V° siècle d'importantes colonies bretonnes s'étaient installées le long de la vallée de la Loire et, selon Louis de la Saussaye, Blois dériverait de "bleiz" qui signifie "loup" en celtique.

Le blason de la ville de Blois est une fleur de lys de couleur or sur fond azur. Cette fleur fut concédée par Louis XII, roi de France né à Blois voulant rendre hommage aux services rendus par les Blésois : "mettre une fleur de lys d'or aux armoiries de la dite ville, entre le loup et le porc-épic". Cet acte daté de 1412 est, selon toute vraisemblance, la plus ancienne mention du blason de la ville. La fleur de lys et le porc-épic sont les emblèmes connus des ducs d'Orléans. Le grand-père de Louis XII, Louis de France, duc d'Orléans, avait institué en 1393 un ordre de chevalerie dit du "Porc-épic" à l'occasion du baptême de son fils aîné Charles, père de Louis XII. ll avait choisi le porc-épic comme emblème pour montrer au duc de Bourgogne, Jean sans Peur, qu'il se vengerait de ses bravades comme le porc-épic darde ses pointes à ceux qui l'offense. Au final, le porc-épic se retrouva accompagné du loup, sûrement suite à l'étymologie du nom de Blois. Les armes actuelles de Blois subsistent suivant la description faite par Louis XVIII le 08 Mars 1817 : "d'argent, à un écusson en abîme, d'azur, chargé d'une fleur de lys d'or, accosté à dextre d'un porc-épic, à senestre d'un loup de sable contrerampants et accolés, d'or".



Par VERONIQUE COULIBALY
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