Le Musée des Beaux-Arts du château

Publié le par VERONIQUE COULIBALY

Au premier étage de l’aile Louis XII, six salles sont entièrement consacrées à la présentation des collections de peinture et de sculpture.


 


Le musée des Beaux-Arts du château de Blois présente près de trois cents œuvres, peintures, sculptures et objets d’art qui retracent l’histoire des arts européens du XVIe au XIXe siècles.

Parmi les chefs-d’œuvre exposés, il faut distinguer les tableaux de Cousin, Stella, Boucher, Ingres ou Chassériau ou bien les sculptures de Lemoyne, David d’Angers et Préault.

Un accent particulier est mis sur le genre du portrait au XVIIe siècle ou bien encore sur l’art troubadour qui, au début du XIXe siècle, s’attache à raconter de manière sentimentale et théâtrale l’histoire des grands héros nationaux du Moyen-âge et de la Renaissance comme Jeanne d’Arc ou François Ier.

 


Histoire du musée

Un musée dans un château

Où l’on trouve l’architecture et l’histoire, on attend des collections. Quand l’architecture a caractère d’exception, on attend les chefs-d’œuvre. S’il ne reste plus rien aujourd’hui des collections des rois de France au château de Blois, le musée des Beaux-Arts vous invite, dans les anciens appartements du roi Louis XII, à un parcours inattendu à travers les arts depuis la Renaissance jusqu’à la fin du XIXe siècle.



Le musée des Beaux-Arts du château de Blois se déploie dans les six salles du premier étage de l’aile Louis XII depuis 1869. En effet dès l’époque de la Révolution, des voix s’élèvent à Blois comme un peu partout ailleurs en France pour demander la création d’un musée destiné notamment à la formation des artistes.

En 1810, un décret impérial accorde aux villes la nu-propriété des édifices militaires et c’est en tant que caserne que le château de Blois devient municipal.En 1850, Pierre-Stanislas Maigreau-Blau, maire de Blois, est à l’origine de la création du musée qui s’installe alors dans l’aile François Ier, écoutons-le défendre son projet : " Il n’y a pas de chef-lieu de département en France qui ne soit aujourd’hui doté d’un musée. […] Il serait superflu d’examiner les avantages de ces sortes d’établissements ; On sait de quel encouragement puissant ils sont pour les arts et les sciences, par les modèles ou les collections qu’ils offrent à l’étude".

Ainsi l’armée libère-t-elle peu à peu les espaces du château qui sont investis par les peintures, sculptures, et autres objets d’art prêtés dans un premier temps par les collectionneurs privés lors d’expositions temporaires, puis peu à peu légués à la ville et qui s’ajoutent aux envois de l’Etat et aux achats sur le marché de l’art pour constituer le patrimoine artistique des Blésois.

La muséographie actuelle, qui remonte à la rénovation de 1995, a pour ambition de concilier le cadre du décor grandiose voulu par l’architecte Félix Duban et les exigences d’un musée moderne. L’idée directrice est de donner au visiteur le sentiment qu’il traverse les appartements anciens d’un prince contemporain et collectionneur, dont le goût raffiné et érudit transparaît par l’exposition d’œuvres rares, surprenantes et belles.

Ainsi a-t-on privilégié les tentures de velours aux tons soutenus, les vitrines du XIXe siècle et l’accrochage serré. C’est ce parti prix qui fait toute l’originalité du musée des Beaux-Arts du château de Blois.

 


La salle d'actualité

Paul Renouard, peintre et illustrateur

Cette salle accueille deux expositions par an, qui permettent au public de découvrir des œuvres habituellement en réserve. Cela permet aussi au public de mieux connaître le travail de l’équipe de conservation : restaurations, acquisitions récentes et actualités scientifiques. Ainsi, il est possible d’exposer plus régulièrement les dessins et les gravures qui ne peuvent être exposés à la lumière que pendant de courtes durées. Ces expositions sont avant tout destinées au public local et offrent l’occasion de fréquenter périodiquement notre musée des Beaux-Arts.

Exposition actuelle :

Paul Renouard (Cheverny 1845 ; Paris 1924)

peintre et illustrateur


De condition modeste, c’est à l’âge de 14 ans que Paul Renouard quitte Cheverny pour trouver du travail à Paris. En 1868, alors qu’il est employé comme peintre en bâtiments, Isidore Pils remarque ses croquis et esquisses sur les murs de la cour de l’École des Beaux-Arts et le fait entrer dans son atelier. Il exécute avec lui les décorations intérieures de l’Opéra, puis réalise seul, en 1875, les fresques du plafond du grand escalier. C’est le début d’une brillante carrière. La multiplication des gazettes et publications imprimées à cette époque ouvre un vaste champ à l’illustration. De 1875 à 1880, Paul Renouard collabore à L’Art, à L’Illustration, à Paris illustré.

 

 

En 1884, il entre comme dessinateur au Graphic de Londres. Son talent y fait merveille et il se détourne de la peinture pour une production graphique extrêmement personnelle. Il obtient la médaille d’or aux expositions universelles de 1889 et 1900, il exerce comme professeur à l’École des Arts Décoratifs et se lie d’amitié avec les peintres Weerts et Degas. Il voyage beaucoup, suit une expédition en Tunisie, puis réside à Washington où il étudie la vie parlementaire des États-Unis. Décédé en janvier 1924, Paul Renouard est enterré au petit cimetière de Chambon-sur-Cisse.

En 1926, à l’initiative de l’École de la Loire dont il fut le président, un buste est réalisé par Albert Chartier, un de ses élèves aux Arts Décoratifs, et inauguré dans les jardins de l’évêché. Dès 1922, suite à l’acquisition par la ville de l’album Paul Renouard, son oeuvre sur la guerre 1914-1917, complété d’un don important de l’artiste, sont inaugurées au Musée régional de Blois, alors musée d’art contemporain situé dans l’ancien évêché, les salles entièrement dédiées à Paul Renouard. La collection est complétée par des achats importants entre 1927 et 1935, puis par le don May en 1971. Au total ce fonds comprend sept peintures et environ 550 dessins et gravures.

L’œuvre de l’illustrateur 

Artiste intimement lié à son époque, l’oeuvre de Paul Renouard est un reflet vivace des choses vues et vécues. D’un trait sobre et rapide il fixe les gestes et expressions des personnages les plus divers, depuis les chefs d’État jusqu’aux dockers de la Tamise. Il saisit le mouvement et il traduit en gravures les grands événements européens : procès Dreyfus, procès Zola, jubilé de la reine d’Angleterre, séances de la Chambre des Députés, expositions universelles, première guerre mondiale. Il est également virtuose dans ses études d’animaux.

 

 

L’illustration à la fin du XIXe siècle : Il ne faut pas oublier la part importante qui revient aux artistes de la fin du XIXe siècle dans le domaine de l’image destinée à la diffusion. La multiplication des gazettes et publications imprimées connaît une extension qui ouvre un vaste champ à l’illustration. La reproduction de la photographie par des procédés mécaniques n’est pas encore née et les artistes, tout comme aux siècles passés, gardent encore le privilège de réaliser des oeuvres reproduites en lithographie comme en gravure, sur cuivre ou sur bois.


Les revues illustrées : C’est par l’illustration de revues que Paul Renouard devient célèbre non seulement en France mais à l’étranger. Il est sollicité pour relater les scènes d’actualité en des séries de compositions dessinées au cours des cérémonies et des grandes fêtes officielles. Il exécute le portrait de grands personnages, tel le président Loubet ou Waldeck-Rousseau, ainsi que des croquis d’audience au procès Dreyfus ou autres grands procès du moment. Ses dessins paraissent dans L’Art, L’Illustration, le Paris illustré. Il devient le collaborateur attitré du Graphic en Angleterre ou il s’attache aux scènes de la vie courante.

Les thèmes chers à Paul Renouard

L’Opéra : L’ambiance du théâtre de l’Opéra devient rapidement familière à Paul Renouard et est pour lui une grande source d’inspiration. L’étude de la danse notamment le passionne. Paul Renouard fréquente l’Opéra pendant 18 ans et accumule croquis et notes, à la classe de danse, au foyer, dans les coulisses. En 1868 l’adaptation d’Hamlet, puis en 1872 celle d’Aïda, sont pour lui une source d’étude et de délectation inépuisable. Il saisit sur le vif le public, les acteurs à l’Opéra de Paris et à Londres (Théâtre Royal Drurylane) et publie en 1880 un luxueux album de 30 eaux-fortes.

 

 

Les expositions universelles : Paul Renouard se plaît à rendre les effets de mouvements de foules aux grandes expositions internationales. En 1889 et 1900 il collabore à la Revue de l’Exposition universelle de Paris. Ce sont les nombreux dessins du trottoir roulant appelé “Rue de l’avenir”, de la construction du Grand-Palais, du Palais de l’électricité, les ouvriers sur la tour Eiffel, sans oublier le rhinocéros du Trocadéro réalisé par Henri Jacquemart pour l’Exposition universelle de 1878 et aujourd’hui sur le parvis du musée d’Orsay. Il illustre également l’Exposition universelle de Liège en 1905 à l’occasion du 75e anniversaire de l’indépendance de la Belgique.

 

 

Les croquis d’animaux : Paul Renouard est inimitable dans ses études d’animaux. Ses gravures originales consacrées aux volailles, chiens, chats, révèlent ses dons d’observateur caustique du geste et de l’expression. Ces gravures étaient probablement destinées à illustrer le livre intitulé Croquis d’animaux par Renouard.




La guerre de 14-18 : La Grande Guerre bouleverse Paul Renouard et lui inspire des dessins où le réalisme saisissant est lié à l’émotion. En 1917 il réalise un album Paul Renouard, son oeuvre sur la guerre, 1914-1917, comprenant dix eaux-fortes et vingt lithographies. Il dépeint notamment de saisissants portraits de groupes des “gueules cassées”, les invalides de guerre.

 

 

Publié dans TOURISME

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