BLOIS, AUTREMENT : Episode 19

Publié le par VERONIQUE COULIBALY


La semaine prochaine les vacances s’achèveront pour des dizaines d’enfants et adolescents blésois. Petits et grands vont retrouver leurs repères au sein de structures qu’ils ont l’habitude de fréquenter ou en créer de nouveaux en s’insérant dans un milieu qui leur est inconnu.

Les plus jeunes aborderont un univers totalement inédit. Il y aura sans doute des larmes, des cris, des mains qui s’accrocheront de désespoir aux jupes des mamans. Et l’institutrice qui jouera les consolatrices pendant quelques minutes.

Les accédants à l’école primaire auront vraisemblablement la gorge serrée, le cœur qui battra la chamade ; les garçons incarneront les durs, les costauds que la grande école n’inquiète guère car ils ont l’habitude maintenant ; même si c’est avec la peur au ventre qu’ils vont faire connaissance avec les « vrais » livres, cahiers et devoirs ; les filles auront peut-être essuyé quelques pleurs avant de partir mais très vite, aussi légères qu’une plume dans la brise de cette fin d’été, elles repèreront une camarade à laquelle exposer leur beau cartable et tout son matériel ou leurs sublimes chaussures neuves.

Puis il y a ceux qui franchiront une étape importante dans leur parcours scolaire en entrant au collège. Apprentissage pratique ou longues études, c’est à l’issue de ce cycle que se dessineront leurs destins. Par choix ou par défaillance, ils opteront pour des voies aussi variées que toutes leurs personnalités. C’est ici, pour la première fois de leur vie, que le monde leur apparaîtra à une échelle bien plus infinie qu’ils ne l’imaginaient. C’est ici qu’ils vont approcher une société un peu plus impitoyable que le doux cocon protecteur des années enfantines. C’est ici qu’ils vont être confrontés à leurs premières responsabilités via la maîtrise d’un emploi du temps, en suivant des cours assurés par de multiples professeurs, en abandonnant le système de la salle de classe unique, en forçant parfois un peu le passage pour gagner leur tour au réfectoire. C’est ici qu’ils se sentiront un peu perdus au milieu de 500 à 600 élèves contre la centaine de leur primaire, qu’ils croiseront plus de visages anonymes que de vieilles connaissances. Même si pour certains ce seront des retrouvailles avec quelques copains perdus de vue durant la trêve estivale, pour d’autres il faudra s’attacher à tisser des liens parmi des cellules existant parfois depuis la maternelle.

J’aimerais accorder une pensée toute particulière à ces préadolescents, encore très fragiles dans leur âge puisque régulièrement ils n’ont que 11 ans, plus assez « petits » pour être dorloter comme des bambins mais insuffisamment « grands » pour disposer de la maturité des adolescents de 15-16 ans. Un passage ingrat où l’on ne sait pas très bien où se situer, qui provoque des petits conflits et les premières révoltes. Pour les guider avec une note d’humour à appréhender ce cap difficile, j’ai choisi de leur offrir un cliché réalisé aux abords du collège Michel Bégon. La signalisation est claire, la direction est obligatoire, on ne se pose pas de questions et on avance. Celui qui respectera au mieux les consignes du panneau engrangera les meilleures chances de réussite dans sa scolarité et pourra ainsi parvenir à concrétiser ses objectifs. Bien observer la flèche blanche dans le rectangle bleu avant d’entrer et bon courage pour la suite des événements. Au final, c’est bel et bien comme une route ordinaire, ça monte et ça descend, le moteur est parfois un peu capricieux, reprendre alors une bonne dose de motivation et à la fin c’est un merveilleux paysage qui s’ouvrira dans l’horizon. A vos volants !

 

 

 

Cliché Sarah Giraudier

 

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